Les Trois Glands (une parodie de 300)

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Les Trois Glands (une parodie de 300)

Message  Yob le Sam 13 Déc - 15:34

LES TROIS GLANDS



1. This is Roger :


« Roger, sers-moi un demi, s'il te plaît. J'ai le gosier qui s'assèche » éructa Coxie en plantant sa hache dans le comptoir.

Le meuble en question comportait un nombre incalculable d'encoches. Le guerrier aux tempes grisonnantes aimait à planter son outil de travail dans le bois vermoulu. Il avait ainsi les mains libres pour déguster sa chopine et grignoter quelques cacahuètes. Non loin, attablé, Elrick Fauconnoir (auguste chef de l'aimable bande de poivrots connue sous le nom de CBN) examinait les dernières demandes de candidatures sous l'oeil curieux du co-gestionnaire de guilde, Hawkmoon Tihr. Le rôdeur étouffa un rire devant l'invraisemblable C.V. d'un certain Superman GW. A en croire le langage abscons, jeté tel un vieux morceau de flanchet faisandé au visage du lecteur, le dit Superman était ce qui se rapprochait le plus d'un dieu analphabète. Elrick tendit le parchemin à Hawkmoon qui d'un geste maladroit, le brûla intégralement.

« Oups » fit le sorcier.

Le familier du chef (un ours du nom de Grodo) avait les pattes avant posées sur le rebord d'une fenêtre. L'air triste, il attendait le retour de Ferrick Asthen, dernier des Orriens et accessoirement peluche du plantigrade. L'ennui était que le légendaire sens de la désorientation du guerrier rendait impossible toute spéculation sur son horaire de retour. On savait quand Ferrick partait mais jamais à quel moment il revenait.

Egalement au comptoir, Dame Vido essuya un reliquat de mousse perché sur ses lèvres. Elle passa ensuite la langue sur ses dents taillées en pointe puis ôta un bout de cacahuète récalcitrant. Elle avait le teint pâle comme chaque vampire qui se respecte. Le houblon fermenté se subsistuait petit à petit au sang. Elle était proche de devenir la première suceuse d'éthanol blond de l'histoire. Plutôt que d'ingurgiter comme tout un chacun le breuvage, Vido aspirait le liquide par ses deux canines. Un spectacle intéressant s'il en est. Vinlaarie Mortséide n'y prêtait guère attention. D'un, elle connaissait bien les habitudes de la vampire. De deux, elle avait mieux à faire. Un rat de la cave avait en effet eu le malheur de tomber entre ses mains. Elle s'ingéniait à le dépiauter à l'aide d'une cuillère en bois aussi distraitement que l'on manipule un trombone. L'elfe noire rêvait de folie destructrice mais ce lundi après-midi n'était guère propice aux débordements. Elle s'ennuyait ferme. Il fallut qu'Elfy vienne l'enguirlander, bouquet d'orties en main, pour que la journée retrouve un semblant d'éclat. La rousse toute feu toute flamme ne supportait pas qu'on touche au rat. Son familier, Pitou, était un énorme rongeur à la queue annelée que n'importe quelle personne normalement constituée aurait éclaté à coup de pelle en hurlant de terreur. Mais pas elle. Ni les CBN qui tenaient à leur intégrité physique. Lars Spiegel fit un clin d'oeil à sa chère et tendre en levant un pouce approbateur. Après quoi il retourna aider Arkham qui se débattait comme un forcené, piégé par ses propres bandelettes. Il n'était pas peu fier de sa nouvelle armure. Cependant, elle avait tendance à le transformer trop souvent en un poisson hors de son bocal.

Sur ce, Ferrick poussa la porte d'entrée de la taverne. Grodo, n'y tenant plus, voulut se jeter sur son ami afin de le léchouiller abondamment. Le guerrier l'arrêta d'un geste vif et désigna son paquetage : un élémentaliste en doudoune blanche et or qu'il portait sous le bras. L'ours compréhensif patienta. Ferrick avisa une chaise. Il déposa le poids mort dessus, jeta un reste de bière piquante dans le gosier grand ouvert en prenant soin de tirer la langue pendante, déclara « Yo ne tient pas le semi-fond » et il fut englouti sous un quintal de fourrure. Le mort-vivant, ragaillardi par le remontant, se dressa d'un bond. Les yeux perdus dans le vague, fier et solennel, il exécuta un salut militaire plein d'emphase. Figé dans cette position, il tomba comme une brique sur une table. Verres, bouteilles, babioles furent expédiées aux quatre coins de la pièce où elles se brisèrent avec fracas. Roger soupira. Le balai allait encore être de sortie.

Indifférent au tapage, Denis Brogniart frottait énergiquement la crasse de son pagne à l'aide d'une pierre ponce. Il avait oublié depuis longtemps l'origine de ce bout d'étoffe qui faisait partie intégrante de sa personnalité. Le feu tricolore (surnom causé par la couleur de ses tatouages) ne quittait jamais trois choses essentielles : son pagne, son string léopard et sa réserve personnelle de binouze. Elle était le garant de son art, le vecteur de son efficacité. Bourré comme un coing, il pouvait soigner une armée entière. Blacks Pearl n'avait plus goût à rien. Il était las des batailles. Il avait trop vécu. Trop jeune et déjà usé. Ce qui l'embêtait n'étant pas tant de traîner ici que de se retrouver à la tête d'une fortune estimée à deux millions de pièces et de ne rien pouvoir en faire d'excitant. Ténébra s'evertuait à lui donner des idées (agrandir la taverne, organiser un spectacle de music-hall, se payer une montagne de carambars, se procurer dix exemplaires de chaque arme ou armure de renom, rénover le hall de guilde, acheter des allumettes, de la colle et construire une réplique de l'Ascalon d'avant-guerre ou plus simplement, lui faire don de cette fortune) mais en vain. L'autre Black, Phenix de son état, composait un poème sur les vicissitudes de l'existence tel que le manque cruel de cadavres mis à disposition pour exercer son art de Maître des Servants. Sans pigment, pas de peinture. Sans peinture, pas de tableau. Sans guerre, pas de charogne. Sans charogne, pas de serviteur. Amère réalité.

Un derviche discret s'était installé à l'écart. Il croquait le moindre visage à l'aide de son crayon et de feuilles de papier. Les mésaventures de Yo et Ferrick étaient donc une manne. Malheureusement, Aethyos Galcian choisit cet instant pour l'enivrer d'un discours sur les pingouins d'eau chaude. Le dessinateur écouta la leçon distraitement et commença malgré lui à tracer l'esquisse d'un volatile.

« Maike, toi plus que tout autre, devrait être sensible au destin de cette créature qui a su quitter son environnement d'origine pour apprendre à évoluer au sein d'un contexte plus plaisant. N'oublions pas qu'elle vient des banquises où la température descend largement en-dessous de zéro, créant un climat inhospitalier dont même un fou ne voudrait pas, entraînant par là même un paradygme basé sur les manières d'assurer sa propre survie. Plutôt que d'imperméabiliser son revêtement corporel et de maintenir une chaleur interne très élevée, le pingouin d'eau chaude a décidé de briser les conventions de son espèce afin d'ouvrir une voie nouvelle qui servira d'exemple aux générations futures en assurant un élan pérenne et par voie de fait une évolution majeure de l'écosystème »
« C'est-à-dire ? »
« Il squatte notre jacuzzi »
« Ah »

Enfin, Thowyth cherchait désespérément à percer un mystère. Pourquoi Princesse Necromena, fille de Grenth et amie de Vinlaarieet Vido, demi-déesse de la mort à l'âme double, immortelle de son état et détentrice d'un pouvoir incommensurable prenait-elle autant de temps pour vernir ses ongles ? Il était tout bonnement prodigieux que ce geste de coquetterie très humain se retrouve chez un tel être. Il fut tiré de ses pensées par Lézarde, ex-CBN qui ne pouvait se passer de la taverne.

« Vous avez de la visite les alcoolos. Un grand type poilu pourvu de sacrés ratiches et qui désire vous parler. A moins qu'il ne veuille s'accoupler avec Grodo... »

L'ours renifla de dédain. La porte s'ouvrit. Une bête haute de plus de deux mètres, couverte de fourrure, entra dans la bâtisse. Tous s'arrêtèrent. Les regards convergèrent vers elle. C'était un félin monstreux aux yeux haineux. C'était un messager. C'était un Charr. Ceux-là même qui avaient éradiqué le royaume d'Ascalon, n'en laissant qu'un vaste désert de poussière noire. Il était là et affichait clairement son mépris et sa supériorité. Néanmoins, il ne venait pas se battre. Pas encore. Un message devait être délivré. Le Charr grogna :

« De la terre et de l'eau »

Grodo se positionna devant l'étranger. Elrick quitta sa chaise puis grimpa sur le dos de son familier. A bonne hauteur, il toisa l'impudent et demanda :

« Pardon ? »
« De la terre et de l'eau. C'est le seul présent qu'exige notre chef. Une preuve de la soumission de votre pitoyable bande à l'armée charr » poursuivit le messager.

Lord Coxie approcha, sa hache en évidence. Il ricanait.

« Qu'as-tu à rire, avorton ? Tu vas faire face à un rassemblement si important de guerriers que le sol en tremblera et que les rivières en seront asséchées. Epargne-toi la mort et donne au Dieu-roi le peu qu'il réclame »
« Dieu ou non, il ne recevra qu'un emballage contenant ta carcasse décomposée » rétorqua Vinlaarie.

Où qu'il observe, le Charr ne contemplait aucune crainte. Au lieu de terreur, il inspirait de la moquerie.

« Rendez-vous ou soyez massacrés ! » hurla-t-il.
« Il y a un problème, fit Lars. Nous avons appris que les MPM ont déjà rejeté ta proposition. Et si ces chanteurs à la croix de bois ont eu le courage de refuser, nous ne pouvons décemment pas nous incliner. Tu oses te pointer comme une fleur chez nous et exiger ? Moi je dis que tu as sucé du piment »
« Qu'importe, acheva la bête. Demain, il ne restera rien de cet endroit et de ses habitants »

Sur ces mots, il tourna les talons. Une main ferme sur son bras velu l'intima d'attendre. Coxie avait une meilleure idée.

« Je crois que j'ai oublié d'acheter à bouffer pour ce soir... » dit, malicieux, l'homme aux cheveux gris.
« Absurdité ! Nul être qu'il soit sauvage ou civilisé ne menace un émissaire ! C'est un blasphème ! C'est de la folie ! »
« Non. C'est de l'appétit. Prépare le tourne-broche, Roger ».
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Message  Yob le Sam 13 Déc - 15:34

2. Pas de bière pour les braves :


Elrick était suspendu au-dessus du vide. A peine quelques doigts pour le séparer d'une mort certaine. La falaise abrupte appelait la chute de ses voeux. Il ne se laissa pas faire. Le rôdeur banda ses muscles, prit une impulsion à partir de son point d'appui et s'accrocha férocement au cou de l'animal. L'ours fit trembler ses babines. Il portait son maître depuis une heure entière et l'ascension était encore longue. De plus, l'humain lui tirait douloureusement les poils.

Le sommet se dessina au bout d'une heure supplémentaire. Un vent glacial balayait les cîmes désertiques recouvertes de neige. Elrick claquait des dents. Il sauta à terre. Des marches avaient été taillées dans la pierre. Elles serpentaient jusqu'à l'extrêmité du piton rocheux. Là-haut, un cercle de petites personnes enveloppées de draps blancs surveillait la progression du leader des CBN, occupant un temple sommaire composé de cinq colonnes et d'une coupole. Ils montraient guère leurs visages. Nul ne connaissait l'identité des Pelforth. Un épais mystère les environnait. Ce qui était connu en revanche, c'était leur main-mise sur le marché de la bière. Ils luttaient afin de maintenir le prix du breuvage à deux cents pièces. Forcément, la venue d'un ardent défenseur de la bière à vingt sous ne risquait pas de les enthousiasmer. La tension était palpable. Elrick prit place sous la coupole. Grodo fut sommé de rester en-dehors. Lorsque le chef voulut exposer la situation, les Pelforth déclarèrent :

« Chaque chose en son temps. N'insulte pas les producteurs »

Elrick délia à contrecoeur les cordons de sa bourse. Elle contenait une fortune. De quoi payer une cargaison de bières à deux cents pièces l'unité. L'heure était grave. Il n'était pas question de marchander. Les nains comptèrent. L'autorisation de parler fut ensuite accordée.

« Une immense armée Charr marche sur nos terres, reprit le rôdeur. Nous avons l'intention de les repousser mais mon groupe a besoin de carburant. Fournissez-moi l'équivalent de trente tonneaux dans les plus brefs délais »
« Ton paiement est approprié, jeune chef. Malheureusement, la Saint Patrick approche. Ce jour de célébration sera l'occasion de doubler la valeur de notre boisson »
« Pardon ?!! » s'étrangla Fauconnoir.
« Oui... le vin de riz de Cantha rapporte davantage que la bière des Cimefroides. Cela, nous ne pouvons le supporter. Dans deux jours, son prix sera de quatre cents pièces » expliqua un autre prêtre.
« Tu comprends que nous ne pouvons t'octroyer une ristourne maintenant » acheva un troisième.
« Pauvres fous ! Si les CBN tombent, vous tomberez avec nous ! Pourquoi réduire notre efficacité au combat ? »
« Elrick Fauconnoir, ton arrogance a été traitée avec indulgence car tu aimes sincèrement notre produit. Cependant, n'abuses pas de notre patience. Nous sommes des commerçants. Si les humains ne peuvent allonger la thune, les Charrs le feront. Pars et reviens avec la somme convenue. Nous te fournirons alors tes tonneaux ».

La descente fut amère. Vieux rapaces rongés par l'avidité, pourris de l'intérieur, gangrenés par le profit, l'âme plus noire que l'enfer. Soyez maudits. Les CBN triompheront sans votre aide et reviendront jeter au pied de la montagne ceux qui n'en sont pas dignes !

Une pluie d'or tomba sur la roche du sanctuaire. Un Charr contemplait les nains cupides, satisfait du résultat.

« Erhor Scète vous envoie ses voeux, sages parmi les nains. Quand la taverne sera rasée, vous baignerez dans l'or ».

La corruption était si aisée.

La rage prédomina. Au lieu de ternir le moral, la traîtrise des Pelforth décupla la volonté de vaincre. A l'unanimité, le Comité vota la guerre. Il irait au nord, vers le défilé des Tershopynes. Le plan était simple : contenir l'armée Charr dans un goulot d'étranglement là où leur nombre n'aurait aucune importance. Vague après vague, ils repousseraient l'ennemi tant et si bien qu'Erhor, écoeuré par ses pertes, renoncerait à sa campagne. En attendant, ils marchent.

Aux premières lueurs de l'aube, ils sont salués par une vaste troupe. Les visages ne sont pas inconnues. Des amis, des frères rejoignent les rangs. Quelques plaintes s'élèvent néanmoins. Le Comité est au complet mais il n'a pas mobilisé la communauté. Un gaillard en armure s'avance et sa voix s'élève dans le ciel naissant :

« Cette matinée est pleine de surprises, Elrick Fauconnoir. Nous avons appris que le Comité était sur le chemin de la guerre. La décision a été prise de vous rejoindre. L'alliance s'est mise en route. Et vous voilà si peu nombreux. Est-ce une farce ? »
« Le penses-tu vraiment, Kane ? demanda le rôdeur. Je vois que tu as amené tout le monde. Interrogeons-les »

Il s'approcha des troupes et en questionna plusieurs d'une voix amicale :

« Zav, quel est ton métier ? »
« Dessinateur de grenouilles »
« Eöna, quel est ton métier ? »
« Maître-coq »
« Alegendra, quel est ton métier ? »
« Promoteuse de sous-tifs et distributeuse de poutoux »
« Thubsy, quel est ton métier ? »
« Nominée de la Star Ac' avec mon tube « Ne pleure pas » »
« Penny, quel est ton métier ? »
« Je veux des mini-pandas et je veux sortir avec Loïc... heu non Juju ! »
« Khazim, quel est ton métier ? »
« Pervers pépère ».
« Sombrecoeur, quel est ton métier ? »
« Pyromane fumeur de cigares cubains »
« Paulp, quel est ton métier ? »
« Fin déconneur »
« Chicobra, quel est ton métier ? »
« Mickael Jackson des dancefloors »
« Flymag, quel est métier ? »
« Joueur de scrabble »
« Proteus, quel... heu où est-il ? »
« Il n'a pas pu venir. Trop de boulot »
« Ah ok. Bon, reprenons. Lily, quel est ton métier ? »
« Amatrice de F1 »
«  Et Kme, quel est t... »
« Bon, ça va j'ai pigé, on arrête le massacre » pesta Kane Loch.

Elrick, d'un geste du bras, présenta ses ouailles.

« J'ai le meilleur moine en pagne du monde, la combattante la plus sadique et la plus cruelle, le trio d'élémentalistes le plus ravageur, la manieuse d'orties et de parpaings la plus redoutable, la hache la plus mortelle, des tireurs d'élite, des maîtres de Grenth, des lames impitoyables et Féfé »
« Je vois surtout une bande de soifards » murmura le pirate.
« Allons, ne sois pas mauvais perdant. Dis-moi qui peut se la jouer ? Hein ? Dis-moi »
« C'est toi... »

Un bref silence s'installa, rapidement brisé par des éclats de rire. Toutes les âmes s'esclaffèrent. Elles chassèrent pour un temps le sombre voile de la peur. Réunis, ils avaient peut-être une chance de l'emporter. Oui, peut-être.

Ils venaient de l'arche du Lion. Des ruines d'Ascalon. De la jungle ou des montagnes. Du désert ou des mers. De l'orientale Cantha. De la rude Elona. Tous de braves Tyriens animés par le désir de défendre les leurs. Ils marchaient. Ensemble. Dans la gueule de l'Enfer, ils marchaient.

Les Tershopynes.

De l'autre côté, les flots rugissants d'un océan déchaîné. L'arrivée se fit sous une pluis diluvienne et une voûte déchirée d'éclairs. Des lames gigantesques éventraient les navires charrs, plongeant les équipages dans de puissantes mâchoires liquides. Le spectacle anima les coeurs. La déroute de l'ennemi fut raillées par des moqueries, des cris et chants. Kane secoua la tête.

« Voilà ce qui arrive quand on ne sait pas se servir d'un bateau »
« Ah parce que tu aurais fait quoi au milieu de cette furie ? » l'interrogea Yo.
« J'aurais laissé les éléments porter mon esquif. Je me serais fait feuille dans le courant. J'aurais glissé sur la crête des vagues. Et toi ? »
« Clairement, j'aurais vomi »
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Message  Yob le Sam 13 Déc - 15:35

3. Un accueil chaleureux :


Le campement avait été installé. La plupart des combattants récupéraient de la longue marche, assoupis, calés entre deux rochers. Mais pas les CBN qui se préparaient méthodiquement pour la bataille à venir. Fauconnoir vérifiait ses flèches tandis que Grodo aiguisait ses griffes. Lars, Hawk et Yo réchauffaient l'atmosphère. Coxie exécutait des séries de pompes sur un doigt, Vinlaarie assise sur son dos. Ferrick révisait ses fondamentaux en compagnie de Ténébra. Phénix et Necromena se concertaient afin de lever l'armée de morts la plus efficace possible. Aethyos passait dans les rangs. Il exaltait le courage, la volonté et la tenacité de chacun. Maike se promenait au bord de la falaise, regard porté au loin, la faux sur l'épaule. De formidables images allaient bientôt être gravées dans tous les esprits.

A l'écart, Denis se morfondait. Une si belle bataille et pas une bière à l'horizon... Il ne serait pas au maximum de ses possibilités, c'était évident. Le moine passa un doigt sur ses lèvres sèches. Heureusement qu'il avait embarqué quelques mignonettes, planquées dans son slip léopard. Le contenu des flacons n'avait rien d'enchanteur mais cela restait préférable à une saine lucidité. Il n'oublait pas que des milliers de Charrs campaient à proximité et qu'il les affronterait sous peu. Galère...

Un point rassurait les troupes. Un Charr était relativement faible. En nombre astronomique, ilsse montraient dangereux. En petits groupes, l'affaire était vite pliée. La procession d'éclaireurs venue ce matin avait opposé une faible résistance. Leurs corps serviraient à ériger une jolie muraille bien macabre. De quoi plomber le moral de l'assaillant. Vin et Vido avait eu l'idée. Des pierres pour la solidité, de la boue pour boucher les trous et des cadavres pour la déco. Zav supervisa les travaux, secondé par Kme. Tout le monde participa. Au bout d'une poignée d'heures, alors que le soleil approchait du zénith, un mur barrait la voie de contournement des Tershopynes. Grâce à la disposition des matériaux, la couleur des fourrures, des roches et de la terre, la construction arborait une tête de batracien tirant la langue. C'était fascinant.

Satisfaite, l'alliance guetta l'arrivée de la délégation féline. Il était de coutume qu'une ultime demande de capitulation soit faite avant le début des hostilités. Le cortège ennemi fut guidé par des flèches en barbe de Bouteflamme déposées sur le sol comme un jeu de piste. Un Charr ramassa une touffe de poils. Il blanchit.

« Matthias ! Qu'est-ce qu'ils t'ont fait !? (il ramassa une autre touffe). Robert ! Et là Maurice ! »
« On ne nous a pas menti... balbutia un garde de l'escorte. Ces CBN sont des démons »

Les pas se firent plus lents. La respiration plus rapide. Les pattes serrèrent davantage le bois des armes. Les laquais d'Ehror avançaient prudemment. Ils débusquèrent les trouble-fêtes au pied d'un vaste mur à l'aspect étrange. A la faveur du contrejour, l'émissaire ne comprit pas de suite de quoi il retournait. Le Charr gronda afin que la parole de son maître fut entendue de gré ou de force.

« Ecoutez et craignez, humains ! La douzaine des notres que vous avez occis ne représente rien de plus qu'un grain de poussière et votre barrière pitoyable ne nous arrêtera pas. Inclinez-vous dev... heu... »

En réalité, personne ne prêtait attention aux menaces. Réunis en cercle, CBN et amis se délectaient d'une histoire contée par Paulp.

« Bon et alors là, le gars me dit qu'il a déjà fait la Fissure des centaines de fois et que c'est pas une tata qui tire à distance qui va lui apprendre son boulot. Donc je le laisse partir. Pour sûr, ça loupe pas, le mec se prend une vingtaine de monstres sur la tronche. J'avais pas de chrono mais en deux secondes c'était réglé. Une pâté informe ornait la chaussée. En éminent naïf que je suis, je convaincs le moine de ressusciter ce pauvre hère. Avec de la chance, il a compris son erreur. Tu parles, Charles ! L'andouille lance son cri de guerre et se jette dans une nouvelle mêlée. Sauf qu'il revient vers nous et meurt en nous léguant une horde de bestioles peu jouasses. Le carnage... j'ai perdu un bras heureusement ressoudé par le moine. On s'en est sorti de justesse »
« Et le boulet ? Qu'est-ce qu'il est devenu ? » demanda Illian.
« On l'a attaché tout nu au-dessus d'un nid de fourmi, le corps enduit de confiture »
« Excellent »

L'émissaire se racla la gorge.

« Faut me le dire si je vous emmerde... »
« Tu nous emmerdes » balança Coxie, perché sur le mur.

Les Charrs se rendirent compte de la composition familière de l'obstacle. Ils eurent un hoquet de surprise. Et rien d'autre. Instantanément, les archers envoyèrent un projectile dans les gorges offertes. Seul subsistait l'orgueilleux porte-parole. Celui-ci, le guerrier argent se le réservait. Il frappa son coude droit du plat de la main gauche puis se jeta du mur tel un catcheur sur son poteau. Le coude éclata le crâne. Ce fut terminé en un instant. Juste avant de mourir, l'émissaire mit en garde ses adversaires :

« Des nations entières vont déferler. Vous serez exterminés dès ce jour. Nos traits éclipseront le soleil... »
« Chiche » répondit Coxie, goguenard.
« Ouais, même pas peur ! s'exclama Elfy. Tare ta gueule à la récré si tu l'oses ! »

Le plan était en place. Les CBN tiendraient l'entrée du défilé. Les renforts interviendraient lorsque les premières troupes auraient été décimées. L'effet de surprise serait important. Kane interrogea Elrick à propos d'un sentier qui serpentait à l'écart. Si les Charrs le découvraient, l'alliance serait prise à revers. Le rôdeur dissipa les craintes du pirate. Il appela Ferrick.

« Féfé, j'ai une mission pour toi »
« Une mission spéciale ? J'en frémis d'avance. Sans ours j'espère ? »
« Sans ours, mais avec des Charrs »
« Le contraire eût été étonnant »
« Je veux que tu te rendes à l'ennemi et que tu leur dévoiles l'existence du sentier » fit Elrick.
« Comment donc ? Me voici la dernière roue du carosse... le maillon faible et sacrifiable. Avouez, vous souhaitez vous débarasser de moi ! » gémit l'Orrien.
« Point du tout. Contente-toi d'agir en vrai traître sans rien laisser paraître de la supercherie. Les choses se metteront en place d'elles-mêmes »
« Je n'y comprend rien mais vous êtes un sacré manipulateur de l'ombre. L'ours n'a pas réussi à m'avoir, vous n'y parviendrez pas non plus » se défendit Ferrick.
« Fais-moi confiance. Descend la falaise et gagne le campement charr. Je t'assure que ton rôle est primordial dans la victoire »
« Si vous le dites... »

Le guerrier s'en alla, dubitatif. Les dés étaient jetés.

Quand la terre se mit soudain à trembler, un frisson parcourut l'échine des âmes en présence. Ce n'était pas une secousse sismique. L'armée charr était en marche. Prête à balayer la futile poche de résistance. Une bête approchait, pourléchant ses babines devant le festin promis par son roi. Une force si massive qu'elle secouait la terre de ses pas. Elle dépassait l'imagination et s'apprêtait à dévorer la Tyrie en écrasant le dernier bastion dressé sur son chemin. C'était pure folie que d'y résister. Les dieux devaient trembler dans leurs chaussettes. La fin de l'humanité avait rarement été si proche de son avènement. Les défenseurs n'avaient aucune chance. Aucune !

L'appel insistant d'une femme sans âge perturba le tableau :

« Accélérez, misérables matous ! Félins galeux ! Je pourris d'ennui à vous attendre ! Mortséide réclame sa part de sang »

Guigui flanqua un léger coup à Arkham qui se tourna vers lui.

« C'est tellement la peine des les exciter comme ça ? Ils sont pas assez chauds peut-être ? »
« Tu veux lui dire en face qu'elle exagère ? » répliqua la momie.
« Ce serait risqué, hein ? »
« C'est toi qui voit »

Aethyos s'immisça dans la discussion.

« Alors valeureux garants de la liberté, la forme ? »
« Ouais... moyen » firent-il en coeur.
« Quelle belle journée pour mourir. Le ciel ne m'a jamais paru si beau »
« T'as fini de raconter des conneries ? »
« C'est marrant, je vois pas le sol... constata Flymag, main en visière. Il est passé où ? »
« Sous les Charrs »

Le rôdeur se gratta le menton.

« Ah oui quand même... »
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Message  Yob le Sam 13 Déc - 15:35

4. Hostilités :


La falaise formait un coude à la fin duquel émergeait le défilé des Tershopynes. Quelques mètres plus loin se dressait le mur et son faciès de crapaud grimaçant. Décidé à tirer partie de l'environnement, Fauconnoir avait mis les artistes peintres à contribution. Tous, sans exception, avait participé à l'élaboration d'un fresque gigantesque représentant l'alliance en position de combat. Les postures, les visages, le ciel, les amas calcaires étaient d'un réalisme saisissant... pour un gamin de cinq ans. Et pour des Charrs. Souhaitons-le.

Le panneau fut posé au départ du coude qu'il coupait de biais. Cinq guerriers se postèrent en première ligne. La fresque donnait l'illusion qu'ils étaient trente fois plus nombreux. Par chance, le climat resta le même et les nuages ne bougèrent pratiquement pas. L'ennemi était sur eux. Des centaines de félins givrés prêt à les dépecer. Les autres humains s'étaient planqués dans le défilé. Ils croisaient les doigts.

La terre tremblait avec une intensité rare. Chaque secousse laissait penser que le flot adverse allait s'abattre à l'instant alors qu'il n'en était rien. L'angoisse se faisait douloureuse. Les secondes défilèrent. Ils surgiraient. Biena ssez vite. Mais quand ? Quand bon dieu ? Qu'ils se pointent et qu'on en parle plus... les craintes furent exaucées. Tel un troupeau de buffles, les Charrs dévalaient le sentier perché au-dessus de la mer. Une horde de fantassins avides d'en découdre. Il étaient en vue. Les cinq se resserrèrent. Ils guettaient le moment opportun. Si le timing était juste, ils avaient gagné. Maintenues les unes contre les autres, les créatures se suivaient benoîtement en file indienne. Ce détail causerait leur perte. Les rugissements retentirent. Les épées et les lances pointèrent les cibles. Les bras amorçèrent le geste fatal.

Maintenant !

Comme un seul homme, les cinq se retirèrent en direction du défilé. Une incompréhension totale le lut sur le visage des félins. Emportés par leur élan, ils embrassèrent le panneau, crevèrent la toile et plongèrent dans le vide. Cinq cents Charrs se succédèrent vers une mort certaine. Ils ne réalisaient l'erreur qu'une fois les pattes en apesanteur, une demi-seconde avant la chute. La victoire fut totale.

Pour la seconde vague, les alliés avaient un second plan. Ils se mirent en formation triangulaire, des planches de bois posées à leurs pieds. La terre trembla de plus belle. La cavalerie leur était servie. Des chars de Charrs, peut-on faire plus cocasse ? Ce fut l'idée qui traversa l'esprit de Denis tandis que les deux roues cahotaient sur le chemin rocailleux. Là encore, l'empressement de l'ennemi fut la clé de la bataille. Lancé à toute berzingue, les embarcartions fondirent sur la chair tendre. Soudain, les planches se dressèrent à quarante-cinq degrés. Le triangle s'était mu en tremplin. Charrs et chars donnèrent un représentation ridicule, une honteuse parodie de freestyle motocross au Stade de France. Les figures acrobatiques n'eurent qu'une issue : la noyade. En très peu de temps, le premier round avait été remporté par les défenseurs. Nul doute que le suivant serait plus âpre. Ehror Scète ne les sous-estimerait pas deux fois.

Alors que les survivants sont achevés, Kane vint rejoindre Fauconnoir occupé à dévorer une pomme à pleines dents. Ce détail l'interpella :

« Comment arrives-tu à bouffer une pomme au milieu de ce charnier ? Il y a déjà des mouches qui se mettent à tourner au-dessus de nos têtes »

Le rôdeur bloqua ses mâchoires à mi-chemin d'une nouvelle bouchée.

« J'étais en train de me poser la même question... répondit-il en jetant le fruit. Qu'est-ce qui t'amènes ? »
« Et bien, c'est pas pour être désagréable mais on se fait chier. Pendant le combat vous faites pour ainsi dire tout le boulot. Les ateliers bricolage, poterie et macramé ça va cinq minutes. Quand est-ce qu'on leur rentre dans le lard ? »
« Je me doutais qu'un pirate tel que toi ne tiendra pas longtemps à ce régime. La prochaine offensive sera conséquente. J'aurais besoin de toi et de tes troupes pour une manoeuvre surprise et... »
« Elrick ! cria Elfy. Un truc avance vers nous ! »
« Un truc ? Dans quel genre ? »
« Genre moche et lent... »
« T'as pas plus précis ? »
« Bah bouge tes fesses et va voir, andouille »
« Je sais pas pourquoi j'ai demandé... »

Il sortit du défilé et progressa le long de la falaise. Il se retrouva nez-à-nez avec un immense trône furieusement kitsch, porté par des esclaves Charrs (une bonne vingtaine pliés en deux sous le poids) et sur lequel trônait...

« Une femme ?? »
« Ah ça te surprend, hein ? Satané buveurs de bières... »

C'était en effet une jeune femme, fraîchement sortie de l'adolescence, très attirante et très remontée. Des cheveux bruns mi-longs encadraient son visage. Elle portait une tenue verte, mélange d'un costume d'envoûteur et de moine. Le plus étrange était malgré tout sa colère. Si n'importe qui aurait pu comprendre que la perte débile des troupes lancées ce matin pouvait mettre en rogne, cette colère semblait plus personnelle. L'espace d'un instant, Elrick crut qu'il s'agissait d'une ex. Mais non. Elle était trop jeune. Grodo grondait. L'ours ne menaçait jamais ses ex. Au pire levait-il un sourcil et affichait-il un air las. De plus, des ex, le rôdeur n'en avait pas des centaines de milliers comme Hawkmoon. Il s'en souviendrait... mais qui bon sang ? Qui était-ce ?

« Je suis Gwen ! Humiliée, moquée, roulée dans la boue, martyrisée et déjà morte et enterrée dans la décharge des souvenirs de vos cerveaux crasseux ! »
« Gwen ? Gwen... Gw... ah ! La môme insupportable aux portes d'Ascalon ! Qu'est-ce que t'as pu me gonfler avec ta flûte... »
« L'insolent continue... tu as de la chance. Je suis prête à me montrer magnanime. Il serait dommage que vous mourriez tous sans avoir eu la chance d'entrevoir une issue de secours »

Elle descendit du trône en se servant d'esclaves supplémentaires pour se confectionner un marchepied.

« Essayons de partager nos points de vue » ajouta-t-elle.
« Nous n'avons pas arrêté de la matinée. Tes gars sont un peu obtus mais une baignade forcée leur a fait le plus grand bien »
« C'est facile le sarcasme. Pense à tes amis. Pense à la taverne. Pense à la Tyrie. Tout cela sera rayé de l'histoire. Pourtant, il te suffit de t'agenouiller devant moi et de me jurer allégeance pour que je les épargne ».
« Tentant. Néanmoins, une chose me chiffonne »
« Laquelle ? »
« Bah t'es une pisseuse. Je t'accorde que je suis capable de revendre une teinture noire pour une pauvre pièce d'or mais m'agenouiller devant une gamine effrontée, faut pas charrier »
« D'accord... »

Folle de rage, elle regagna son trône.

« Enfoirés de CBN, je vais vous réduire en cendres avec vos récoltes de houblon ! Vous payerez votre arrogance et tout ce que vous m'avez fait subir ! Je vais faire disparaître ce sourire de vos faces de rats ! »
« Heu... gaffe, évite de trépigner ou de sauter sur place... »
« Je fais ce que je veux d'abeur !!! »

On n'entendit qu'un bref : « Mollo là-haut, on sent plus nos bras ». Ivres de fatigue, les Charrs craquèrent. Le trône les écrabouilla d'un coup sec. Le bruit fut aussi ignoble que la pluie de chair, de sang et de touffes de poils. Elrick quitta sa cachette et s'éclipsa en vitesse. Gwen dut rentrer à pied.

La nuit s'annonçait rude. La fille agissait sous l'emprise de la haine. Si elle mordait à l'hameçon, elle enverrait dès à présent ses meilleures troupes. Autrement dit les Rieurs. Des troupes d'élite qui minaient le moral de l'adversaire par d'infernaux jeux de mots à la con. Les Charrs Rieurs. Tellement célèbres qu'ils étaient passés dans la langue courante.

« J'ai pas envie de me faire charrier moi ! se lamenta Lars. J'ai ma dose avec les combats de guilde et Arkham »
« Personne n'a envie de subir cette épreuve. Elle déterminera toutefois nos chances de victoire » le prévint Sombrecoeur de sa voix rauque d'amateur de cigares.
« En place ! Ce soir, nous metterons leur réputation à l'épreuve »

La nuit tomba. Le clair de lune illuminait le bord de mer. Les escarpements et les crêtes dessinaient des ombres aggressives. Ils arrivaient. Les Rieurs arpentaient le chemin tranquillement, les babines retroussés en un rictus fou et les yeux rouges, écarquillés, rongés par l'instabilité mentale. Un murmure s'éleva. Il enfla progressivement. Bien vite, il fut assez fort pour être compréhensible. Et la terreur commença.

« Deux fous se promènent. Soudain, ils lèvent la tête pour regarder un avion. Ah, je le reconnais, dit l'un. C'est l'avion du président ! T'es fou, dit l'autre. On aurait vu passer des motards »
« Deux fous vont à la messe. L'un dit à l'autre : bouche-toi les oreilles avec du coton. Pourquoi ? Parce que Jésus crie »
« Un fou fait des bonds au-dessus d'un plat de spaghettis. Il explique : je saute un repas »
« Un fou est en train de débrouiller une pelote de laine. Un autre fou le voit et lui dit : Eh banane, cherche pas le bout, je l'ai coupé ! »
« Un fou téléphone à un autre fou : je suis bien au 01.02.03.04.05 ? Ah non ! Vous faites erreur. Ici nous n'avons pas le téléphone »
« Emma Thompson. Ok, je vais ouvrir »

Les Charrs prononçaient cela comme un sombre litanie, sur un ton monocorde d'où aucune émotion ne filtrait. Le supplice était d'autant plus grand. Lord Coxie, Aethyos, Vido et Necromena avaient toutes les peines du monde pour retenir Vinlaarie.

« Je vais me les faire, foi de Mortséide ! Lâchez-moi ! Je vais me les faiiiiiire !!! »
« Boh, je les trouve plutôt rigolos » fit Denis.

La guerrière tourna lentement la tête dans sa direction. Elle explosa :

« Je vais me le faire ! Je vais me le faire ! »

Les Charrs n'étaient même pas à portée de flèches et la zizanie battait son plein. Fauconnoir héla ses troupes, les exhortant à tenir bon encore un peu. Les Rieurs devaient se croire invincibles jusqu'au dernier moment. L'épouvantable ramassis de blagues vaseuses continua de pourrir les oreilles ennemies. Les CBN s'étaient rassemblés en face de leurs bourreaux, le visage crispé.

« Qu'est-ce qu'un lapide ? Un tlain qui loule tlès tlès vite »
« Deux femmes discutent : Alors votre bébé, comment va-t-il ? Il marche depuis deux mois. Oh, il doit être loin maintenant »
« L'autre jour, j'ai failli perdre ma montre? Elle s'était arrêté et moi j'avais continué à marcher »
« A la Saint Valentin, elle m'a pris la main. Vivement la Sainte Marguerite ! »
« Un prêtre un peu fou monte un escalier en chantonnant : c'est l'abbé bête qui monte, qui monte, qui monte... »

La douleur leur vrillait le cerveau, le retournait comme un crèpe. Enfin, au bout de ce qui semblait une éternité, Elrick donna l'ordre :

« Mettez vos boules quiès ! »

Il n'eut pas besoin de le dire deux fois. Les Rieurs regardèrent les humains, l'air interdit. Les vannes ne les atteindraient plus. Les félins étaient devenus inoffensifs. Les CBN passèrent à l'attaque. Ce fut un carnage. L'effet de surprise fonctionna à merveille le temps que les Charrs reprennent leurs esprits. Même sans humour, ils restaient de bons combattants. Lorsque l'avantage ne joua plus, Elrick donna le signal aux alliés d'intervenir.

Thubsy et les MPM présents placèrent les mains en porte-voix. L'un d'eux battit la mesure. One... One, two three, four ! Le chant retentit.

« Ne pleure pas, Jeannette,
Tra, la la la la la la la la la la la la
Ne pleure pas Jeannette,
Nous te marierons, nous te marierons .
Avec le fils d’un prince,
Ou celui d’un baron.
Je ne veux pas d’un prince,
Encore moins d’un baron.
Je veux mon ami Pierre,
Celui qu’est en prison.
Tu n’auras pas ton Pierre,
Nous le pendouillerons
Si vous pendouillez Pierre,
Pendouillez moi avec.
Et l’on pendouilla Pierre,
Et sa Jeannette avec ! »

Les Charrs perdirent pied. La chanson acheva de les déstabiliser. Ils étaient pris à leur propre piège. Et sur ce, Kane et tous les autres se ruèrent sur les Rieurs. Ils firent des ravages. Ils étaient à moitié dingues, rapides, efficaces et mortels, leur férocité décuplée par la torture. Ils éradiquèrent les assaillants, la bave aux lèvres. La tension accumulée augmenta la puissance des coups. Les alliés ignoraient les blessures. Ils ne voulaient qu'une chose : que les Rieurs se taisent.

C'est qu'il advint. Une nouvelle fois, l'assaut avait été repoussé. Pendant ce temps-là, au bas des falaises, Ferrick se dirigeait vers le campement charr.
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Re: Les Trois Glands (une parodie de 300)

Message  Yob le Sam 13 Déc - 15:37

5. La lumière blanche au fond du tunnel :


Ils tombaient. Les uns après les autres. Tous les chemins menaient au bas de la falaise, sur les rochers effilés battus par les flots. L'eau s'était teinte en rouge. Devant le spectacle lamentable offert par ses troupes, Gwen bouillait de rage. Elle envoya de nouveaux contingents. Les nains asservis des Cimefroides, chevaucheurs de yaks en armure, dévalèrent le flanc de la falaise. Les bestioles étaient maladroites et les cadavres accumulés rendaient la chaussée glissante. Les alliés n'eurent aucun mal à les précipiter vers les récifs. D'ordinaire si agaçantes pour les aventuriers, les marques de protection ne servirent ici à rien. Quelques épaules solides suffisaient à faire basculer le yak et son cavalier. Le poids de l'arnachement les entraînaient rapidement au fond. Les fouets claquaient. Les Charrs hurlaient. Les lignes arrières criaient : « en avant ! ». Les lignes avants criaient : « en arrière ! ». L'équivalent de nations entières lancé aux trousses d'une poignée se trouvait coincé dans un mince corridor où la supériorité numérique ne signifiait plus rien.

La journée avançait. Toujours aucune perte chez les résistants. Le plan fonctionnait à merveille. Echaudé par une lame trop intime, Lord Coxie décapita à tour de bras. Les blessures se multipliaient. La fatigue prenait possession des muscles. Elrick, Elfy, Arkham, secondés de la majorité des rôdeurs fauchaient les premiers rangs encore en marche. Les guerriers, Vinlaarie et Kane en tête, enfonçaient les lignes à portée. Envoûteurs et nécromants désorganisaient les soldats. Phenix, Vido et Necromena n'avaient jamais eu autant de matière à faire valoir. Eclairs et pluies de feu réduisaient l'opposition à néant, le tout sous la bénédiction des moines et des ritualistes convertis en personnel de soutien pour l'occasion. La bataille était âpre. Après de longues heures de lutte, le calme revint enfin. L'euphorie céda place à l'épuisement. Il n'y eut guère de chants. Le camp adverse était silencieux comme une tombe.

Ferrick avait atteint les installations charrs. Il salua les sentinelles. Bien que peu à l'aise, il s'efforça de paraître enjoué et amical. Le chef entendrait parler du pays si ils s'en sortaient.

« Bonjour (ordures) ! Fit-il. Comment allez-vous en cette belle fin de journée (je leur collerais bien une attaque luno-solaire dans le bide, tiens...) ? Vous n'avez pas trop chaud avec toute cette fourrure ? Votre femme, les enfants, tout ça ? »

Un des gardes l'empoigna par le cou et le souleva de terre, l'oeil hostile.

« Heu... j'ai des informations vitales pour votre chef. Je connais le point faible de l'adversaire. Intéressant, n'est-ce pas ? Oui, je vois une petite lueur de sagacité briller au fin fond de votre regard. On en serait à moins. Alors là, vous vous demandez : mais pourquoi tient-il à trahir ses camarades ? Absurde ! C'est certainement un piège. Et j'avoue, ce raisonnement est censé. J'aurais eu le même si j'avais été à votre place. CBN un jour, CBN toujours ne dit-on pas ? Vrai. Cependant, j'y apporterais une nuance. Voyez-vous, je déteste les ours. C'est viscéral. Un traumatisme de l'enfance. Or notre chef possède un ours comme animal de compagnie. Jusque là, rien d'extraordinaire. On serre les dents, on évite de se croiser. Mais l'animal a l'insigne défaut de m'apprécier. Il cherche ma compagnie. Ses grosses pattes velues sur mes épaules... son souffle à faire fuir une armée de chacals... ses insupportable léchouilles... je n'y tiens plus. Si je rajoute que je suis un rescapé d'Orr, vous comprenez à quel point le destin s'acharne sur moi. Bref, j'ai tenu plusieurs années mais j'en ai assez et la venue de Gwen est une aubaine que je ne pouvais manquer ! Dès que je l'ai aperçu, j'ai su qu'elle changerait ma vie. Ca m'a pris d'un coup. Un coup de foudre. Incroyable, non ? Donc me voici, désireux d'une audience. Hum... ah ! Je ne vous ai pas expliqué les brimades reçues à cause d'un prétendu mauvais sens de l'orientation ! Car, aussi loin que remont... »
« Oh arrête, tu me saoûles » grogna le garde.

Il fut jeté dans une tente, au pied d'un trône sur lequel siégeait une jeune femme brune aux yeux pas verts.

« Vous devez être Gwen alias Ehror Scète, alias l'insouciante joueuse de flûte, alias l'écorcheuse d'oreilles, alias la terreur des débutants, alias l'inutile des collines d'Ascalon, alias... »
« C'est fini ouais !!! » hurla la reine.
« Pardon »

Elle descendit de son trône et, campée sur ses deux jambes, domina le guerrier. Elle le dépassait d'un bon paquet de centimètres. Les genoux douloureux, Ferrick se releva. Elle fut obligé de lever les yeux, ce qui l'agaça. Un Charr remit l'impudent à sa place d'un coup de poing sur le crâne. Satisfaite, Gwen commença son discours :

« Les dieux ont été cruels de s'être acharné ainsi sur toi. Les CBN et leurs amis l'ont été également. Ils ne méritent pas tes égards. Moi, je suis bonne »
« A l'époque, embraya Ferrick, ce serait passé pour une perversion condamnable. Là je dois dire que... effectivement... y'a du chassis »
« Jamais tu te tais ? » se lamenta son interlocutrice.
« Pardon ».
« Où en étais-je... ah oui. Tout ce que tu peux désirer, toutes les choses agréables que tu as pu souhaiter, tous les plaisirs dont tes faux amis et dieux t'ont privé, je te les offre. Car je suis b... sympa. Choisis-moi comme reine, comme déesse ! Mène mes soldats au sentier qui contourne ces maudits buveurs de bières et tes joies seront sans fin. Nomme et ce sera tien »
« Je veux un monde sans ours ! Je veux... je veux que mes choix d'itinéraire soient toujouts acclamés comme étant les bons ! Et je veux encore une chose »
« Parle »
« Une bière » conclua-t-il, au paroxysme de sa dépravation.

Gwen clama sa surprise et se méfia aussitôt. Le guerrier sut qu'il venait de commettre un impair.

« Une bière ? Hein... heu non ! Oh, c'est un véritable lavage de cerveau... je suis conditionné ma reine. Comment se débarasser des anciens réflexes ? La vérité est que je veux... une menthe à l'eau (Dieu me pardonne) ! »
« Accordé, acquiesça la jeune femme adoucie. Elrick voulait que tu sois le jouet de son familier. Je te demande seulement de supporter les poils de chat ».

Pendant ce temps-là, aux Tershopynes, les combattants reprenaient des forces à la faveur de la nuit tombée. Paulp et Peff racontaient des âneries afin de détendre de l'atmosphère. Les corps étaient las. Les esprits demeuraient de bonne humeur. Fauconnoir pansait ses plaies quand soudain, Chicobra fit irruption. Il avait été désigné guetteur. Le ritualiste courut, fit volte-face, entama un moonwalk suivi d'une pirouette puis il enchaîna sur un salto arrière avec réception en grand écart. Devant un parterre médusé, il fit la toupie sur le dos, sur la tête et se redressa en faisant des moulinets avec son bras droit pour, au bout du compte, prendre la pose en lâchant un « Ahanhan ! » digne d'Elvis. Il réajusta son bandeau.

« Nous sommes fichus. Ferrick mène les Charrs le long du sentier. Nous allons être pris à revers » acheva Chicobra.
« Quoi ?!! s'exclama Kane. Nous avons été trahis. Par Ferrick... impossible ! »
« Bah je ne fais que rapporter ce que j'ai vu » se défendit le ritualiste.
« Justement, t'es aveugle, dugland ! »
« Moi je vois avec l'esprit. Et c'est autrement plus efficace que vos deux globes de chair tout pourritos »

Kane se mit à renifler bruyamment.

« Tu sens cette odeur, Chico ? »
« Heu non »
« Tu ne la sens pas avec ton esprit, cette délicieuse odeur de patate crue qui ne demande qu'à être épluchée ? »
« Ok, je me tais... »

La panique gagna les alliés. Elrick dut calmer son monde à grand renfort d'éclats de voix. Ce ne fut pas facile. Il expliqua que Ferrick s'était rendu à l'ennemi volontairement, sur son ordre, et qu'il n'y avait rien à craindre. Avaient-ils oublié l'art diabolique du déplacement qu'exerçait l'Orrien ? Les Charrs sallaient être surpris s'ils s'imaginaient arriver à bon port. Les damnés félins auraient plus de chance de les encercler en cherchant seuls et les yeux bandés. Mais cela, Gwen l'ignorait. Ses forces étaient à présent divisées en deux dont une qui ne retrouverait jamais le chemin de la maison. Harassés mais au complet, les alliés ne feraient qu'une bouchée des Charrs. La partie était pliée. Tant de machiavélisme faisait peur.

Deux heures plus tard, ils étaient cernés, mis en joue par des centaines d'archers. Les CBN avaient été isolés par les sbires de Gwen. Ils étaient serrés les uns contre les autres. Aucun d'eux ne voulait abandonner. Le reste de l'alliance s'était replié dans le défilé. Ils pensaient que leurs amis avaient suivis. Malheureusement, ils étaient bel et bien entre les griffes de la sale gamine. Ensemble, les rescapés revivaient les manoeuvres. Les derniers instants défilaient dans les têtes. Qu'est-ce qui avait cloché ? Ferrick avaient entraîné en toute bonne foi la moitié des troupes à des kilomètres, persuadé que le sentier était là quelque part. Elrick était d'une confiance sans faille. Ils avaient contenu l'assaut. Les CBN avaient emprunté ledit sentier pour retourner contre les Charrs le point faible de la topographie. Au lieu de ça, ils étaient piégés.

Malédiction !

Le clan des grenouilles, Kme la première, nota un détail. Les CBN n'éprouvaient aucune peur. Qu'ils soient fiers, braves, etc, passons. Pourquoi pas. Mais ils semblaient inconscients du danger. Et... un peu cons. Les autres approuvèrent après une rapide vérification.

« Je n'avais jamais fait gaffe... c'est vrai qu'ils n'ont pas l'air d'avoir inventé la roue » avoua Lily.
« La bière aura finalement eu raison d'eux. C'est triste » dit Sombrecoeur en opinant du chef.
« Et heu... on va les regarder mourir sans bouger ? » demanda Zav.
« Quelqu'un doit bien survivre pour colporter leur légende. Il est de plus hors de question que je meure avant d'avoir eu un mini-panda » portesta Penny.

L'énorme plateforme utilisée lors de la précédente rencontre émergea à nouveau au milieu des rangées de fantassins. Gwen paradait, savourant sa victoire. Elle déclara d'un ton arrogant :

« Mes compliments, Elrick. Tu as joué une partie intelligente. Je te félicite pour avoir transformé une catastrophe en triomphe. Malgré tes mots rudes et ton vilain mépris, j'admire la tenacité et le courage des tiens. Tu ferais un puissant allié. Je suis prête à te pardonner et même à récompenser tes efforts. Tu te bats pour ta taverne ? Garde-la. Tu te bats pour la Tyrie ? Elle sera plus forte que jamais. Tu te bats pour tes principes ? Tu seras nommé grand commandeur. Tu seras libre d'offrir à tes concitoyens la bière au prix que tu désires. Il te suffit de t'incliner comme ton ami et de me prêter allégeance. Qu'en dis-tu ? »

Les CBN restèrent silencieux. Indifférents à leur sort. Gwen leva un sourcil, impatiente. Elrick sortit un papier de sa poche qu'il lut :

« Je... je crache sur ton cartable Hello Kitty et j'arracha la tête de tes pou...pées Barly... gnié ? (il se colla à la feuille pour mieux voir). Barbie »

Il replia la feuille et attendit tranquillement le résultat, les bras croisés. Gwen était rouge comme un écrevisse. Elle était sur le point d'exploser. Le moment choisi par un Hawkmoon amorphe pour glisser une autre feuille à Elrick. Celui-ci ajouta donc :

« Et je vomis Ricky Martin »

Voix plate. Il n'en fallut pourtant pas plus. La reine des Charrs entra dans une rage folle et ordonna le massacre immédiat de ces (la bienséance m'empêche de retranscrire de telles paroles). Les flèches sifflèrent par centaines. Elles s'abattirent jusqu'à ce que plus rien ne remue. Lorsqu'il fut clair que le comité n'empêcherait plus les honnêtes commerçants d'héler leurs offres dans les capitales de Tyrie, Gwen éclata d'un rire tonitruant. L'armée fit demi-tour. Elle avait vaincu la résistance mais l'invasion du continent était repoussée. Les pertes étaient trop nombreuses. Ainsi les Charrs se retirèrent-ils pour un temps.

Quand la falaise fut tranquille. Les alliés vinrent pleurer la mort des valeureux combattants. La scène était poignante. Une page de l'histoire se tournait. Une autre commençait. On enterrerait les corps et un monument commémoratif serait érigé. C'était peu mais c'était le moins que les survivants pouvaient faire. Ils se jurèrent de poursuivre la lutte. Les fondateurs étaient tombés. Le comité, lui, continuerait. Coûte que coûte. Le recueillement fut troublé par un plaisantin.

« Ayé ? Ils sont partis ? »
« Oui, c'est fini, affirma Kane. Où étais-tu donc ? »

Le pirate se retourna. Il vit Yo. Puis Peff. Et Aethyos. Et Phenix. Un par un, ils sortaient de nulle part, aud étour d'un pan de roche, d'un dénivelé ou d'un taillis.

« Qu'est-ce que... »

Les cadavres... et les CBN bien vivants ! Les deux visibles... l'ubiquité était inexplicable et toutefois indiscutable. Elrick, guilleret, observa le charnier.

« Je savais que ces doubles serviraient un jour ou l'autre ! Quelle galère pour les ramener de l'Ascension... pour les nourrir aussi. C'est qu'ils ne sont pas futés ! Vingt neuneus planqués dans la cave... »

Il soupira.

« On leur doit la vie... »

Les manifestations de franche amitié furent à la hauteur de la peine éprouvés quelques instants plus tôt. Un happy end. Ou presque. Un problème subsistait. Pas le moindre.

« Ferrick, fit Coxie. Qui veut encore bouffer du Charr et ramener notre Féfé chez lui ? »

Une joyeuse clameur tonna à travers les Tershopynes. On s'amusait bien en Tyrie quand même
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